25 mai 2013

Instructions pour sauver le monde - Rosa Montero


"L'humanité se partage entre ceux qui se plaisent à regagner leur lit le soir et ceux que le fait d'aller dormir inquiète. Les premiers considèrent que leur couche est un nid protecteur, alors que les deuxièmes ressentent la nudité du demi-sommeil comme un danger. Pour les uns, le moment du coucher suppose la suspension des préoccupations ; chez les autres, au contraire les ténèbres provoquent un remue-ménage de pensées douloureuses et, si cela ne tenaient qu'à eux, ils dormiraient le jour, comme les vampires."
Les personnages : Mathias vient de perdre sa femme, qui était l'amour de sa vie (et non ça ne va pas forcément de pair). Depuis, il dérive, hagard. Daniel, médecin raté, qui subit un mariage raté, mais qui préfère s'abrutir devant l'ordinateur, trouver une distraction dans le virtuel plutôt que de prendre sa vie en main. Un tueur en série qui ne s'en prend qu'aux vieux. Puis on va croiser "le cerveau", professeur à la retraite qui essaie de trouver un sens à la vie à travers de multiples théories scientifiques, ainsi que dans l'alcool. Et Fatma, prostituée africaine qui a vécu l'indicible, le pire de la cruauté humaine (enfin, j'espère que c'est le pire...)
Le décor : Madrid. Pas la Puerta del Sol ou le musée du Prado. Non, les terrains-vagues, les cités, les bidonvilles. Tous ces endroits qu'on peut apercevoir en roulant sur l'autoroute mais qu'on préfère oublier, ne pas voir. Et un bordel.

Rosa Montero met en scène tous ces personnages avec affection, mais sans complaisance. Des personnages terriblement humains dans leur complexité et leurs faiblesses. Mais des personnages courageux aussi. Et qui, chacun à leur manière va contribuer à "sauver le monde" grâce à des actes profondément courageux et humains, d'une bonté absolue, mêmes s'ils ne sont qu'éphémères parfois. C'est pourquoi ce roman très sombre est, malgré tout, optimiste (Mais pas d'un optimisme béat).
Son écriture est acérée, parfois cruelle. Grâce à quelques incursions dans le futur des personnages, Rosa Montero donne au lecteur une place particulière, une place de "voyeur", de témoin de ces destins.

Ce roman a été un vrai coup-de-cœur. Même si, depuis quelques temps, j'ai la chance de ne plus faire partie du monde de ceux pour qui aller dormir inquiète...

Rosa Montero
Instructions pour sauver le monde (Instrucciones para salvar el mundo)
Suite hispanique
Métailié
271 p.


7 commentaires:

  1. Ah un coup de coeur aussi, mon premier Rosa Montero, et ensuite je lis tout ce qui me tombe sous la main!!!

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    1. Et je compte bien faire pareil ! N'aurait-elle pas un petit côté addictif ^o^ ?

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  2. Celui-là, je l'ai moins aimé que les deux autres que j'ai lus "Le roi transparent" et "Des larmes sous la pluie".

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  3. Je le note...
    parce que j'ai envie de sauver le monde, moi aussi !

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    1. La chose n'est pas facile... Mais heureusement, il y a toujours des volontaires !

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  4. J'ai adoré "Des larmes sous la pluie" et je lirais encore l'auteur, forcément !!

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    1. C'est donc le deuxième commentaire sur "Des larmes sous la pluie"...
      j'espère donc avoir le temps de le lire bientôt.

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