16 mai 2013

De retour des chemins de Saint-Jacques

Non, ce n'est pas le titre d'un livre... Mais du vrai, du vécu par moi-même en personne ! 17 jours de marche sur le Camino francés, entre Pampelune et Carrion de los Condes (en noir sur la carte)


L'expérience a été unique, et bien plus enrichissante encore que dans mes rêves les plus fous ^o^ . La grande majorité des pèlerins sont à un tournant de leur vie personnelle ou professionnelle, et cheminent pour trouver un sens nouveau, un élan... De là, des discussions profondes et touchantes. Le petit monde des pèlerins est une communauté nomade, des liens forts se créent.  Selon les rythmes de chacun on se perd de vue et parfois on se retrouve, toujours avec un énorme plaisir. Et chacun est réellement concerné par l'autre et s'entraide au besoin (une pensée pour Eugène qui m'a soigné mes ampoules et sans qui, un matin, je n'aurais pu prendre le chemin ; une autre pensée pour Jennifer qui, après avoir marché une bonne quinzaine de kilomètres, a couru derrière des pèlerins tête en l'air qui prenaient la mauvaise direction... Vous et tant d'autres, je vous aime !) 
Pour prendre le chemin, il est d'abord nécessaire de réfléchir à ses besoins réels, à laisser sa peur du manque. Tout ce qu'on amène, il faut le porter. Inutile de dire que le plus grand des conforts est un sac qui n'est pas trop lourd. Alors on apprend à ne garder que l'absolu nécessaire. La simplicité volontaire ne sont plus seulement des mots, je l'ai vécu, sans aucun manque qui n'a pu être pourvu.Dès que j'aurais pu avoir un manque quelconque ou une difficulté, la solution m'a été apporté instantanément. Par la vie (ce qu'on appelle le hasard mais je ne crois pas au hasard...) ou la générosité des pèlerins et des locaux. J'y ai gagné une grande confiance en la vie, beaucoup de mes peurs se sont envolées... 
Le chemin m'a également apporté une plus grande conscience de la puissance et la force qui est en chacun de nous, et j'espère qu'il m'apportera la force d'être encore plus maître de ma vie.

Voilà, quand on passe des heures à marcher sans autre soucis matériel que de suivre les flèches jaunes, choisir ce qu'on mange et ou on dort, ça laisse une grande place à l'introspection !  Mais pour citer Bill, un vieil américain qui s'est véritablement métamorphosé sur le chemin "This is not about me". Et adieu l'ego trop imposant, place à l'échange, à la compréhension, à la bienveillance, et à la confiance en la vie. 

Sur ce blog, billet sur Carnets de Saint-Jacques de Compostelle par François Dermaut

Et une petite chanson que j'ai fredonnée parfois sur le chemin :





15 commentaires:

  1. Ouh là dis donc, chapeau! je te sens encore toute bouleversée...

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    1. Oui, c'est une expérience qui marque... Maintenant je ne pense qu'à quand et comment je vais pouvoir le terminer !

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  2. Belle expérience, effectivement.
    Il faut un certain courage pour entre prendre ce voyage. Marcher ne me parait pas être le plus dur, mais se retrouver face à soi, s'ouvrir aux autres, partager et se poser les bonnes questions.
    Mais voilà des heures qui transforment une vie.

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    1. C'est tout à fait ça, ou presque : marcher est difficile aussi jour après jour avec le mal aux pieds et la fatigue des nuits en dortoir.
      Mais se retrouver face à soi est effectivement le plus bouleversant . Mais c'est le but de ce voyage pour presque chaque pèlerin (il y a aussi le challenge sportif pour certains), d'où la sympathie et la solidarité que j'ai pu rencontrer.
      Quant au retour... ouh là là ! Peut-être est maintenant le plus dur, de faire quelque chose de cette expérience alors qu'il serait bien plus confortable de reprendre les vieux travers qui n'ont plus lieu d'être.

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  3. Des années que je me promets d'effectuer un petite partie.Et puis,somme souvent,je remets,je trouve une excuse,je n'en suis guère fier.Merci de ce témoignage.

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    1. Certainement qu'à un moment donné, l'envie sera tellement présente que plus aucune excuse ne trouvera grâce à vos yeux.
      Les choses prennent parfois du temps à mûrir...

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  4. Eh bah dis donc, wow! ça a vraiment eu l'air d'être une très belle expérience!!:)

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  5. Pour avoir fait une rando aussi de 15 jours l'année dernière sur les chemins de Saint-Guilhem-le-Désert je comprends tout à fait ton émotions et ton envie de repartir. St jacques me tente de + en + Surement un jour.... Tu es partie seule ? ( même si finalement on est jamais seule longtemps ) bravo à toi.

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  6. @Latetedansleslivres : Merci, une expérience très belle et enrichissante...

    @Chinouk : Saint-Guilhem, ça me tente également ! Bravo, car ce chemin n'est pas des plus faciles, non ?
    Oui, je suis partie seule sur les chemins de Saint-Jacques et, en effet, je ne suis pas restée seule longtemps. Partir seul permet de vraiment vivre son propre chemin, à son rythme. Et les rencontres sont belles.
    Ce que j'ai reçu du chemin est bien supérieur à ce que j'espérais.
    En tout cas, quand tu te décides, prévient-moi avant qu'on puisse en discuter !

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  7. Je ne manquerais pas de venir chercher des infos. Effectivement, Saint-Guilhem n'est pas franchement facile, nous avons en plus opté pour la version Aubrac et Gorges du Tarn mais c’est un chemin magnifique malgré les temps catastrophiques que nous avons eus pendant les 15 jours. Nous avons eu le droit a 40 cm de neige et -10° pendant nos 3 jours en Aubrac puis tous les jours de la pluie et même une tempêté de vent dans les Cévennes Mais au final que du bonheur...

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    1. Que du bonheur, je peux bien l'imaginer !
      C'est vrai que ces régions ont des météos parfois extrêmes...

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  8. ah oui tien, encore une question :) pourquoi un départ de Pampelune ? ( je suis en pleine lecture d'un récit sur st jacques ;) Bises

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    1. Un peu au hasard. Je voulais faire la partie espagnole car il y a plus d'hébergement et donc plus de liberté pour les étapes.
      Et on m'a conseillé de ne pas démarrer à saint-Jean-Pied-de-Port car l'étape est assez difficile pour un premier jour de marche. Il vaut mieux être en jambes ! Cela m'a d'ailleurs été confirmé par la suite par ceux qui avaient tenté. Donc Pampelune est la ville la plus proche facile d'accès en train.
      Et comme de toute façon je n'avais pas le temps de tout faire, peu m'importait d'où je démarrais et jusqu'où j'allais !
      Quel récit lis-tu ? Il est bien ?

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  9. oki :) Tu n'as pas eu de pb avec la langue? je suis en train de lire : Marcher pour apprendre à aimer de Gerard Trèves, et le gars me tape sur les nerfs !! mais je persévère :) Bises

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    1. Non, je comprends et parle un peu l'espagnol ; sinon, sur le chemin,comme partout c'est l'Anglais qui prime.
      Je ne connais pas cet auteur, mais du coup je ne le note pas...

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