15 mars 2013

Une petite fortune - Rosie Dastgir

Harris, le père, a quitté le Pakistan pour l’Angleterre il y a plus de vingt ans.
Alia, sa fille née d’une mère anglaise, a vingt et cherche sa voie.
Khalid Alid est un cousin d’Harris. Il est resté au Pakistan avec son épouse Nasreen et leurs filles et y vivent dans une profonde pauvreté. Seul leur fils Rashid est parti en Angleterre pour essayer de devenir quelqu’un et d’aider la famille.
Nawaz, un autre cousin d’Harris est quant à lui installé en Angleterre.

C’est avec cet arbre généalogique bien fourni qu’Harris devra composer. Il devra aussi composer avec les différences culturelles de ses deux pays. Il a bien du mal à trouver sa place, à trouver son équilibre entre les deux cultures. Et sa « petite fortune », une somme qu’il a reçu après son divorce, va mettre en lumière la complexité des relations familiales.
C’est avec doigté et subtilité que Rosie Dastgir brosse le portrait de ces immigrés, ces déracinés déchirés entre deux cultures, qui hésitent entre leur tradition et la vie dans leur nouveau pays. Ce roman nous permet d’appréhender leurs souffrances et difficultés sous toutes leurs différents aspects.
Le poids des traditions et de la famille, qui attend tellement qu’elle peut devenir une charge bien trop lourde sur les épaules de jeunes gens,
« Il rêvait d’être insensible aux besoin de sa mère, aux aspirations et aux espoirs de son père. » (p.313)
La pression de la réussite face aux réalités quotidienne de la vie en Angleterre,
« Cela ne ressemblait en rien au retour qu’il avait jadis imaginé : le comité d’accueil s’étirant depuis l’arrêt de l’autobus jusqu’à la maison de son père ; la foule de parents et de curieux se battant pour porter ses valises. Il était un personnage important dans cette version imaginaire, revenant avec des récits de batailles et de triomphes, de l’argent dans le poche de son costume, des photos de sa maison, de sa voiture, de sa femme. » (p. 434)
Et quand la pression est trop forte, la religion et ses certitudes peuvent devenir un refuge.
« Les certitudes de Rashid simplifiaient tout, » (p.298)

Plus qu’une fresque familiale, « Une petite fortune » est le roman d’un communauté, voire même de tous les émigrés qui doivent se faire une place sans pour autant perdre leur identité.
Le premier roman d'un auteur à suivre...

Un grand merci aux éditions Christian Bourgois et à Babelio pour l'envoi de ce roman.

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Une lecture challenge "God save the livre"

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