6 février 2013

Un tueur sur la route - James Ellroy


Martin Plunkett est en prison, officiellement pour le meurtre de deux couples. Mais on sait qu’il y en a bien plus, et Plunkett refuse de parler. Afin de connaître les détails, la police de New-York accepte qu’il écrive ses mémoires à condition que l’éditeur lui donne les détails .
C’est ainsi que le lecteur va pouvoir découvrir le chemin de cet homme, d’enfant qualifié de très intelligent et « bizarre » à tueur en série.

 Et tout le long du roman, on se demande pourquoi il tue. Pourquoi une telle froideur, pourquoi en Plunkett arrive-t-il à être complètement déconnecté de ses sentiments, pourquoi lui faut-il en arriver à cette extrême pour simplement avoir l’impression d’exister. Les crimes sont décrits froidement, aucune émotion. Et quand la machine s’emballe en une succession d’assassinats, on finit par mélanger les noms, ne plus pouvoir compter... et ça donne le tournis.
"Cette nuit de New Hampshire Avenue marqua le début de mon apprentissage criminel ainsi que l'apparition de terribles conflits en séries, batailles intérieures que se livraient les débris désordonnés de mes pulsions émergentes.Les onze mois qui suivirent, je les passai à me demander si les différentes parties de mon être se réconcilieraient jamais jusqu'à s'emboîter toutes à la perfection comme les morceaux d'un puzzle, pour me permettre enfin d'être cet homme de méchanceté et de vice que j'aspirais à devenir." p.43
Et des tueurs à son image, on en croise d’autres dans ce roman...

Ma lecture a d’abord été lente et fastidieuse, à cause entre autre du vocabulaire assez particulier, et avec la peur de lire une histoire déjà lu ou vu au cinéma de nombreuses fois. Et puis, passé le premier tiers, je n’ai plus pu lâcher ce roman. Emporté moi aussi dans ce tourbillon.
Ellroy est habille dans la construction de son histoire ; il mêle aux confessions de Martin Plunkett des coupures de journaux et le journal d’un agent du FBI, on y parle de Ted Bindy etCharles Manson croise la route de Plunkett, donnant un air de document à cette fiction.

Je dois dire que j’ai été tout de même soulagée de quitter cette atmosphère lourde et glauque.

James Ellroy
Un tueur sur la route
Rivages/Noir
352 p.












4 commentaires:

  1. Je l'avais lu, de-ça plusieurs décennies. Si je n'en garde pas de souvenirs précis, je me souviens très bien de cette prise entêtante avec le tueur, de cette addiction à le suivre malgré sa froideur, à compter les cadavres qu'ils laissent sur le bord de la route.

    Ce James Ellroy fut très marquant !

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  2. James Ellroy est vraiment un virtuose de savoir nous embringuer comme il le fait... Alors que suivre un tueur en série, il y a quand même plus agréable !

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  3. Pas lu celui-là, mais à te lire, j'en ai envie. D'ailleurs ça fait longtemps que je ne suis pas retournée vers Ellroy...

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  4. Contente de te donner envie... Ce livre est à part dans son œuvre, mais il vaut le détour.

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