27 décembre 2012

Des souris et des hommes - John Steinbeck

Tout ce qu'ils possèdent tient dans leur sac. Ils n'ont pas de famille, pas de maison et parcourent les routes de la Californie afin de se faire embaucher dans les ranchs. Mais, contrairement à tant d'autres qui vivent la même vie, ils ne sont pas seuls ; ils peuvent compter l'un sur l'autre.
Lennie, grand gaillard aux grandes mains puissantes, est resté un enfant dans sa tête. Un homme plein de bonté, mais qui ne maîtrise sa force. George l'a pris sous sa protection, et le sort des mauvaises situations.

"— Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y a pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d'argent, et puis ils vont en ville et ils le dépensent tout...et pas plus tôt fini, les v'là à s'échiner dans un autre ranch.  Ils ont pas de futur devant eux.

Lennie était ravi.
— C'est ça... c'est ça. Maintenant, raconte comment c'est pour nous.
George continua :
— Pour nous, c'est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu'un à qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on n'a pas d'autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.
Lennie intervient.
— Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, t'as moi pour m'occuper de toi, et c'est pour ça.
Il éclata d'un rire heureux" (p21.)
Cette vie difficile, ils la supportent en se créant un rêve sur mesure ; bientôt ils auront une petite ferme et un lopin de terre.


Voilà un roman court, mais intense. J'ai été très touchée par le personnage de George, qui a sans doute connu des moments d'extrême solitude pour être à ce point patient et responsable envers Lennie. Un homme bon. Et Lennie, et bien on ne peut qu'espérer que oui, peut-être il pourra, une fois, ne pas s'attirer d'ennuis.

Steinbeck dépeint le monde des "plus pauvres des pauvres" avec beaucoup de cœur et de sensibilité. Le destin de ces gens le touche, et ce roman est plein d'humanité. Un langage simple, des personnages simples mais pourtant beaucoup de choses sont dites sur la pauvreté, l'injustice, la solitude, la ségrégation...
"— Dans ce cas, tiens-toi à ta place, nègre. J'pourrais te faire pendre à une branche d'arbre si facilement que ça ne serait même pas rigolo.Crooks était réduit à rien. Il n'avait plus ni personnalité ni moi, rien qui pût éveiller ni sympathie, ni antipathie. Il dit : "Oui, madame", d'une voix blanche." 'p.95)
Un merveilleux roman à lire absolument, ou à relire s'il faisait partie, comme pour moi, de vos lectures adolescentes. 

John Steinbeck
Des souris et des hommes (Of Mice and Men)
Folio plus
978-2-07-030647-3
5,30 €





3 commentaires:

  1. Je pense que je vais relire cet ouvrage. Je m'en souviens peu et c'est là une très bonne occasion.

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  2. Chouette ! Et j'espère que tu pourras venir en discuter avec nous.

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  3. Un grand livre,à peine moins fort que Les raisins...Un tantinet plus mélo,à peine.

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