25 novembre 2012

Le diable, tout le temps - Donald Ray Pollock



S'il y a un endroit où je ne veux jamais mettre les pieds, c'est Knockemstiff, Ohio.
C'est là, que Donald Ray Pollock est né et c'est là où se passe, en partie, l'action de ce roman. 


Le diable, tout le temps brosse le portrait d'une Amérique (très) profonde, peu éduquée sinon à la violence, sans l'espoir d'un avenir meilleur et qui se nourrit des pire aspects de la religion.

"Quand du Whisky ne lui coulait pas dans les veines, Willard se rendait à la clairière matin et soir pour parler à Dieu. Arvin ne savait pas ce qui était le pire, la boisson ou la prière. Aussi loin qu'il pût se souvenir, son père lui semblait avoir passé sa vie à combattre le Démon." (p.10)
A quelques exceptions près, les personnages de ce roman représentent ce qu'il y a de pire ; racisme, sexisme, bêtise crasse et violence. Le tout saupoudré d'alcoolisme. Ils ont un manque cruel d'empathie et font le mal sans même avoir l'air de s'en rendre compte. Et les meilleurs d'entre eux finissent victimes des premiers ou sont contraints eux aussi à la violence pour s'en sortir ; un monde où on ne peut être que loup ou agneau.
Ici, les shérifs sont corrompus, les hommes d'église sont assassins ou pédophiles et les femmes désœuvrées peuvent tout aussi bien s'enfuir avec un tueur en série...
Car tueur en série il y a. Un tueur rural, qui parcours les routes des Etats-Unis. La cerise sur ce gâteau déjà bien indigeste ! Un tueur qui aime la photographie et Johnny Cash.




Donald Ray Pollock n'a donc pas peur du trop noir, trop glauque. Et il a raison car son roman se lit d'une traite.
"C'est difficile de bien agir, dit-il. On dirait que le Diable n'abandonne jamais." (p. 313)

Donald Ray Pollock
Le diable, tout le temps
Terres d'Amérique
Albin Michel
978-2-226-24000-2
22 €

8 commentaires:

  1. Et malgré tout, on a envie de le lire ce livre, va comprendre...

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  2. C'est ce que je me disais en le lisant...Moi non plus, je ne comprends pas !

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  3. Comme tu l'as déjà lu,je crois,je n'ai guère aimé le"trop plein" dans ce livre.Mais Cash est l'une de mes icônes.

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  4. j'espère quand même que tu ne t'identifie pas trop à lui ^_^

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  5. Du whisky dans les veines, un pédophile et des femmes désœuvrées dans une Amérique (très) profonde, Johnny Cash en guise de cerise mais c'est tout MOI !
    A l'instar de l'ami Eeguab, Cash est aussi une de mes icônes.

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    1. J'ai supprimé le commentaire précédent, mauvaise manip ! (C'est ça qui est tout moi !) Je le remets dons à peu près ici :

      Je vois qu'on joue aux vilains garçons !
      Maise préfère le croiser seulement dans les livres !

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  6. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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