16 octobre 2012

Cool - Don Winslow

Californie, 2005. Soleil, argent, drogue... Trois amis qui essaient de se faire une place, et la garder,dans le monde  de la marijuana.
Ophélie dit O. bimbo de 19 ans. Elle essaie de mener sa vie tant bien que mal, malgré une mère complètement désaxée qui change d'hommes aussi souvent qu'elle se fait faire de la chirurgie esthétique
"Elle est sculpturale, sexy, belle, avec l'authentique chaleur humaine d'une sculpture de glace" p.312


et un père qui s'est barré avant sa naissance.
Chon, militaire d'élite qui a été en Afganistan et en Irak. Il ne connait pas d'autres manières de résoudre les conflits que ses poings... ou une arme.
Ben, doux rêveur, probablement inadapté au monde dans lequel il opère.

Californie, entre 1967 et aujourd'hui. Doc Halliday est à la tête d'un traffic d'herbe. Dans son cercle, on trouve John, adolescent et protégé de Doc, qui entre dans le traffic ; Stan et Diane, couple d'utopistes hippies.

Le roman commence par une citation de Bruce Springsteen. Bon début !
Malgré tout j'ai été un peu dérouté au début du roman : le style est très particulier. Des phrases courtes et des chapitres qui ne font parfois que quelques mots donnent au roman un rythme saccadé.  L'auteur utilise un langage qui suggère aussi un rythme éffréné : beaucoup de sigles et d'expressions inventée, des appartés au lecteur, ainsi que parfois une absence de ponctuation. L'auteur s'octroie une grande liberté dans l'écriture et ça fait du bien.
Et c'est ce style très particulier qui donne au roman toute sa force ; il nous fait vraiment ressentir ce que peut être la vie ardente de ces jeunes.
Avec en plus un humour déjanté
"Triste vérité de l'existence...
Les gens intelligents deviennent parfois stupides, mais les gens stupides ne deviennent jamais intelligents.
Jamais"
et parfois très corrosif. Ce livre se fait la satire de la société américaine ; société de consommation, de l'apparence, de l'argent. Individualisme à outrance. Pays cynique qui a mené une politique internationale désastreuse.


"Ronald Reagan, Bush premier vendant de la cocaïne pour financer les terroristes, une guerre pour protéger l'essence à bas prix, bill Clinton et le réalpolitik avec du foutre sur les robes pendant que des fanatiques fouf furieux complottaient et Bush second avec ses manipulateurs, lui le gamin toujours membre de sa fraternité étudiante aux ordres de vieux malfaisants aprèsquoi tu allumes un matin ta télé et voilà les tours qui s'effondrent la guerre est entrée chez nous." p.327
Ce qui fait qu'après ce départ un peu difficile, je n'ai pas pu lâcher le livre. Ou seulement sous la contrainte !
Si je dois faire un reproche à ce roman, c'est de ne pas avoir d'intrigue centrale qui amènerait le suspens et langoisse qu'on peut attendre dun polar. Je ne dis pas que rien ne se passe, loin de là, vu le métier des personnages. Mais l'intrigue reste tout de même légère.
Mais bon, quand Springsteen est cité une deuxième fois (le roman est truffé de citations de chansons), j'en ai oublié tous les (petits) défauts !
Merci à Babélio et aux éditions du Seuil pour l'envoie de ce roman. Belle découverte !
Pour découvrir ce roman sur le site de l'éditeur, c'est par  !
Don Winslow
Cool
Editions du Seuil
978-2-02-108420-2
21 €





2 commentaires:

  1. Je comprends, un bouquin qui cite The BOSS est forcément un bouquin qu'on n'oublie pas.
    The Boss, c'est COOL !
    The Boss, c'est l'Amérique !

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