9 juillet 2012

Sur la route : le rouleau original - Jack Kérouac



J'avais déjà tenté et vite abandonné la lecture de "sur la route" il y a quelques années (dans sa version remaniée). Donc, encore une fois merci au club de lecture babelio pour m'inciter à lire un roman alors que j'aurais pu facilement passer à côté. Car j'ai été vraiment emballée par ce livre, même si mon ressenti a été un peu en dents de scie durant cette lecture.


Tout d'abord un mot sur le rouleau original : Kerouac, pour ne pas devoir s'interrompre dans l'écriture, a collé des feuilles de papier pour former un rouleau de plus de 36 mètres de long. Il a écrit "sur la route" en un seul jet et sans mise en forme, en trois semaines. Le roman dans sa forme originale a été refusée par les éditeurs, et Kerouac a remanié le manuscrit sous une forme plus traditionnelle. C'est cette version qui était éditée, jusqu'à ce que le rouleau soit retrouvé et édité il y a quelques années. L'idée du rouleau lui a permis d'inventer des formes d'écriture originales, telle que l'écriture spontanée, cousine de l'écriture automatique du mouvement surréaliste, inspirée des rythmes du jazz.


L'écriture est du coup vraiment originale. L'absence de paragraphe permet de ressentir le rythme effréné des voyages de kerouac et Cassady.  Alors même que j'avais un peu peur d'une certaine confusion. Et il y a également de très belles images et envolées lyriques ; notamment des descriptions des concerts de Jazz.

L'histoire est connue de plus ou moins tout le monde : Kerouac fait le récit de quatre voyages entrepris avec son ami Neal Cassady, les trois premiers d'est en ouest des Etats-unis, le dernier au Mexique. Mais ce n'est pas un récit de voyage à proprement parlé : ces voyages sont autant d'occasions d'expérimenter, les drogues, l'alcool et, plus généralement, tous les comportements à risque. Et j'ai pu être au mieux agacé, parfois choqué par leur côté destructeur, par le manque de responsabilité de leurs actes. 
Il n'y a que dans le dernier voyage, au Mexique, où sont présentes des descriptions de gens, paysages et des sensations.

p 571. : Car on ne pouvait pas s'y tromper, ils étaient Indiens, ces gens, et ils n'avaient rien à voir avec      tous les poncho et les Pedro du folklore américain débile : pommettes saillantes, yeux bridés,   manières feutrées ; ce n'étaient ni des crétins ni des clowns, mais de grands Indiens graves, pères et origine du genre humain. Et ils le savaient en nous voyant passer, nous les Américains m'as-tu vu et plein aux as, en cavale sur leurs terres ; ils savaient qui était le père et qui était le fils au commencement des temps, alors ils ne faisaient pas de commentaire.


Ce que j'ai trouvé de plus intéressant est la personnalité de l'auteur et ses relations à Neal et à sa famille. Car Kerouac a une personnalité double, à la fois épris d'aventures mais très attaché au foyer familial. Tout le long du livre, il m'a donnée l'impression de se laisser embarquer par son ami sans savoir ce qu'il veut réellement, plein de contradictions. Il peut être à la fois touchant et révoltant, surtout dans les relations humaines. Et il peut faire le pire tout en ayant une once de morale.

p 468 : "c'est tellement difficile de prendre la bonne décision, au jour le jour, dans ce monde fébrile et imbécile"

Neal Cassady a quant à lui une personnalité trouble et très forte. Il attire Jack comme un aimant. D'ailleurs, dès le début du livre, Kerouac est persuadé de se faire manipuler, mais il le suit quand même, complètement fasciné. Plus le livre avance, et plus il s'enfonce dans une folie sans fin possible. Il a un comportement très destructeur qui m'a vraiment gêné.

A noter que la fin du roman a été réécrite d'après le texte remanié, la fin du rouleau ayant été mangée par un chien.
Et une mention spéciale à Josée Kamoun pour la traduction.

Et pour finir, un peu de musique pour retrouver l'ambiance des clubs de jazz fréquentés par Jack et Neal :



Et puis un autre morceau, rien à voir avec l'époque, mais je pense toujours à ce livre en l'écoutant 





Jack Kérouac
Sur la route - le rouleau original
Folio
Gallimard
8,50 €
978-2-07245319-9

Club lecture Babelio du mois de juin.
Du même auteur sur ce blog : Le vagabond américain en voie de disparition

Livre acheté à la Librairie Guillot à Albi,  librairie indépendante généraliste dans laquelle nous sommes toujours accueillis avec le sourire…

2 commentaires:

  1. Sérieux! J'avais déjà envie de lire le bouquin mais tu m'as vraiment vraiment convaincu que je ne devais plus hésiter!! Je vais aller l'acheter aujourd'hui ou demain!!!
    Merciiiiii! ;)

    (pas gentil le toutou)

    Et merci d'avoir expliqué la différence entre les deux livres! :D

    ps: J'ai atterri sur ton blog en ayant cliqué sur LA.

    Bonne journée!!!

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    1. Merci à toi, ça fait toujours plaisir que mes modestes bafouilles puissent inciter à lire un livre que j'ai aimé ^^

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